Saint Baldéric

L’Association Nationale des Fauconniers et Autoursiers français (A.N.F.A.) a choisi saint Baldéric  comme saint patron lors de son assemblée générale le 13 février 2016.

Histoire

Saint_BaldericFils de Sigebert, roi d’Austrasie, Baldéric, né en 568, était le petit-fils de Clovis, roi des Francs. La barbarie de la cour mérovingienne devenant insupportable, il décida, vers l’âge de 18 ans, de fuir Metz et de s’installer à Reims avec Bova, sa sœur jumelle. Il fonda dans cette ville le premier monastère féminin, Saint-Pierre-le-Haut, dont Bova, connue aujourd’hui sous le nom de Sainte-Beuve, fut la première abbesse.

Mais bientôt, Baldéric, très religieux, aspirant à plus de solitude, quitta Reims pour mener une vie d’ermite en Argonne, près de Verdun. Le lieu de sa retraite lui fut montré par un faucon qui, tenant amont au-dessus de lui, se posa trois jours consécutifs en haut d’une colline dominant le plateau entre Aire et Meuse. Baldéric, interprétant le comportement de l’oiseau comme un message divin, défricha un flanc de la colline, à proximité d’une fontaine, afin de construire un abri en bois et un oratoire dédié à Saint-Pierre. Le faucon serait revenu après trois jours pour marquer le lieu où bâtir l’autel. Baldéric poursuivit ses travaux de défrichage pour agrandir son domaine d’un jardin clos afin de vivre en autarcie. Mais sa renommée dépassant rapidement les limites de son ermitage, il eut bientôt des disciples qu’il rassembla dans une communauté monastique sous la règle de Saint-Benoît, à l’origine du premier monastère d’Argonne en 620. Quelques maisons construites à l’ombre de l’abbaye devinrent le village nommé aujourd’hui encore Montfaucon d’Argonne.

Baldéric mourut à l’abbaye Saint-Pierre-le-Haut de Reims le  12 octobre 633. De nombreux miracles s’opérèrent autour de son corps qui fut inhumé dans l’église Sainte-Marie, hors les remparts de la ville. Il ne reste de sa dépouille que quelques reliques dispersées dans diverses églises de l’actuelle paroisse Saint-Baldéric du diocèse de Verdun.

Légende

La légende relate que Baldéric et Bova, inséparables, avaient l’habitude de voler ensemble jusqu’au jour où Bova décida de prendre le voile. Baldéric, qui avait pour sa sœur une affection exagérée, pour ne pas dire ambiguë, souffrit beaucoup de cette séparation. Il trouvait alors un certain apaisement en volant le faucon de Bova. Il prit un jour, de haute entreprise, un héron au sommet de la colline dite aujourd’hui de Montfaucon, au terme d’un vol d’une exceptionnelle difficulté. Le second jour, avec ce même faucon, il prit un ramier au même endroit ainsi que le troisième jour. Voyant l’intervention divine dans cette coïncidence, Baldéric décida de se retirer du monde afin de méditer en ce lieu qui devint sa demeure. Le faucon pourvoyait à sa nourriture et le protégeait en alarmant à l’approche de visiteurs indésirables. La sainteté de Baldéric se manifestant de manière éclatante netarda pas à attirer des disciples avec lesquels il consentit à partager sa vie sainte en fondant une communauté monastique sur la montagne du faucon.

Commentaire

Le lecteur curieux trouvera la légende de Saint-Baldéric dans l’annuaire de l’A.N.F.A. : CHASSE AU VOL, n° spécial, 1961, p. 43 – 47, ainsi que dans l’article complet d’Hubert Beaufrère p. 69 de CHASSE AU VOL 2015/2016. L’histoire et la légende, résumées ici en quelques lignes, se rejoignent dans un merveilleux récit de fauconnerie propre à faire réfléchir les chasseurs au vol français sur le choix de leur saint patron.

Citation
“ La fauconnerie est à la fois un sport, une science et un art. ”
Maurice Planiol