Présentation

L’Équipage Jean de Beaune est un regroupement d’amis venus de divers horizons géographiques. Ce n’est ni une entité départementale, ni une entité régionale. Ce qui signifie qu’on ne peut pas adhérer à l’équipage Jean de Beaune. Pour entrer en son sein, il faut y avoir été invité. Bien que chacun des boutons aime chasser seul (car tel est l’apanage du fauconnier), ils aiment se retrouver régulièrement, inviter, ou répondre à des invitations, que ce soit pour rencontrer d’autres équipages, ou dans le cadre des réunions de l’A.N.F.A. L’équipage Jean de Beaune est un équipage français de fauconnerie, ou plus exactement de chasse au vol, dans lequel les boutons et les amis sont des adeptes de la basse volerie. Mais derrière ce vocabulaire spécifique, que se cache-t-il ? Pour le comprendre, nous vous proposons de lire ci-dessous quelques définitions tirées du Lexique de la chasse au vol.

Fauconnerie, n.f.

Art d’apprivoiser, d’affaiter et de gouverner les faucons pour la chasse. Depuis le dernier tiers du XIVème siècle, ce mot est pourtant souvent utilisé dans une acception plus large pour désigner toute chasse au vol même pratiquée à l’autour, à l’aigle, à l’épervier, ect. (Li; TLF; Duch; GR).

Chasse au vol, loc. subst. f.Tenue_jdb

Chasse pratiquée avec des oiseaux de proie dressés à prendre du gibier sauvage dans son milieu naturel (LI; TLF). Ce terme est préférable à celui de fauconnerie qu’il est plus logique de réserver à la seule chasse au faucon. La chasse au vol est également appelée volerie.

Équipage de vol ou équipage de volerie, loc.subst.m.

Dans son acceptation moderne, c’est l’ensemble composé au minimum du chasseur au vol, d’un oiseau de chasse et d’un chien d’oysel. Il peut être structuré exactement comme l’équipage de vénerie… Le premier équipage de vol français possédant un maître d’équipage, des maîtres et des hommes, une tenue, un bouton, fut l’Équipage de Champagne qui vola de 1866 à 1869…

Basse volerie, loc. subst. f. ou bas vol, loc. subst. m.

Dans son acception moderne, c’est la volerie qui se pratique avec l’autour, l’épervier, l’aigle royal, les buses, et d’une manière générale avec les voiliers.

L’équipage Jean de Beaune dans sa structure, puise ses racines formelles dans le milieu de la vénerie, dont plusieurs de ses membres fondateurs furent bercés dans cette atmosphère, que ce soit en forêt de Tronçais ou en forêt des Bertranges. Et c’est de là que découle sa philosophie, son éthique de la chasse, ainsi que sa tenue. La tenue, justement, se résume en un gilet « rouge de Beaune » à passepoil noir, galon à la française, cravate de vénerie, bouton d’argent frappé d’une tête d’autour en son profil gauche, entourée d’une vervelle portant l’inscription: « EQUIPAGE JEAN DE BEAUNE » . La fanfare de l’équipage est La Jean de Beaune. La devise, « Unguibus et rostro » , « Bec et ongles » en français. Elle se veut à la mesure de la hardiesse des teckels à poil dur et des épagneuls bretons qui servent si fidèlement les oiseaux.

Bref Historique

L’Équipage Jean de Beaune est une émanation de l’ancien Équipage de Chasse au vol Bourbonnais créé en 1987. Considéré à tort comme étant une dissidence de l’A.N.F.A., l’équipage fut avec amertume, dissous en 1990. Quelques un de ses membres, trop habitués au plaisir de voler ensemble, et malgré le traumatisme de l’échec de la précédente tentative, décidèrent en 1991 de se constituer à nouveau en équipage. Claude Aquaviva, Christian Larnaudie, Jean-Louis Liégeois et Hubert Beaufrère se donnèrent rendez-vous à Saulzais-le-Potier dans le Cher. Devant l’évocation de leurs souvenirs et de leurs prouesses cynégétiques, ils renouèrent avec l’enthousiasme. Ils prirent le nom de Jean de Beaune en hommage au grand maître de la fauconnerie du roi Saint-Louis, et qui semble avoir été le premier dans l’histoire de France à occuper une telle charge.

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Au cours de l’été 1993, Jean-Louis Liégeois fit rencontrer à Hubert Beaufrère, Marc Dorveaux qui, par amour de la vénerie, avait quitté sa Lorraine natale pour la forêt des Bertranges en Nivernais. Avec lui et Nadine Bocquillon, entrait dans l’équipage une passion pour les teckels qui allait s’avérer contagieuse. A la même période, grâce à René Falguières, un ami de l’équipage, les premiers boutons sortaient des ateliers de la Monnaie de Paris.
Au mois de novembre de la même année, grâce à Jean-Louis Liégeois et à Marc Dorveaux, l’équipage participa au stage Trompe et Vénerie organisé en forêt des Bertranges, à Poiseux, à l’initiative de Pierre Berthier, alors premier piqueux du Rallye Pique Avant Nivernais. Ce fut l’occasion des premières prestations sous le regard critique des veneurs et la naissance d’amitiés qui accompagnent encore aujourd’hui l’équipage.

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Les 11 et 12 novembre 1995 eut lieu la première réunion de vol de l’équipage, la messe de Saint Hubert fut célébrée en l’église de Chateloy. En 1996, il fut décidé de fonder l’association Les Amis de l’Equipage Jean de Beaune, dont l’organe de liaison prit la forme d’un bulletin annuel : Bec et Ongles.
En 2001, le dixième anniversaire de l’équipage fut l’occasion d’une belle fête. Elle eut lieu à Beaubier à côté d’Hérisson où l’amitié de Monika Jeziorowska et de Michel Doucet permit un accueil hors du commun. le dîner de l’équipage réunit plus de cent convives dans la grande salle et la bibliothèque du château de La Roche, alors que les blocs et les perches avaient été installés pour jardiner les oiseaux à la lueur des flambeaux dans les douves engazonées. La messe de Saint Hubert fut célébrée à l’église de Le Brethon où les chasseurs furent amenés par cinq attelages depuis Beaubier en traversant les chemins du bocage bourbonnais.

Bec et Ongles cessa de paraître avec sa dernière édition, regroupant les années 2001 et 2002 sous forme de coffret. Par la suite, Hubert Beaufrère porta toute son attention sur les recherches et l’écriture du Lexique de La Chasse au vol. Sortie en 2004, il fut gratifié en 2005 du prix François Sommer, et est toujours reconnu à ce jour comme une référence en la matière, que ce soit auprès des chasseurs au vol, ou des universitaires.
En 2011, l’équipage renoua avec son côté festif à l’occasion de son vingtième anniversaire.  De nombreux amis répondirent à l’appel, dont des membres des équipages de Courzieu, Charles d’Arcussia, et des Fontaines. Les festivités durèrent trois jours et prirent fin par un concert de trompes de chasse en l’église de Vallon en Sully.

En 2015, les lectures cynégétiques d’Hubert Beaufrère lui firent découvrir la Légende de Saint-Baldéric. Émerveillé, il décida de mener quelques recherches historiques qui furent pour lui une révélation: Baldéric, arrière petit-fils de Clovis, devait sa sainteté à un faucon. Dès lors, il lui semblait évident que Baldéric ne pouvait être que le saint tutélaire des chasseurs au vol français. Jusqu’alors, Bavon était considéré comme protecteur des fauconniers français et belges. Il fallut cependant bien vite se rendre à l’évidence: la bibliographie attestant que Bavon ait pratiqué la chasse au vol était inexistante.
Il semblerait que Saint-Bavon ait été choisi par les chasseurs au vol en raison de l’iconographie médiévale qui le représente toujours avec un faucon sur le poing. Or cet attribut, utilisé couramment dans la statuaire médiévale, n’est présent que pour attester de la noblesse du personnage. L’A.N.F.A. se laissa convaincre. En février 2016, lors de son assemblée générale, les chasseurs au vol de France décidèrent de se mettre sous la protection de Saint-Baldéric.

 

C’est ainsi que fut célébrée à l’occasion des 25 ans de l’équipage, la première messe solennelle de Saint-Baldéric de l’histoire des fauconniers français le 9 octobre 2016 (le calendrier romain a fixé la fête de Saint-Baldéric le 16 octobre) .
La quasi-totalité des équipages de France ont répondu à l’appel des fauconniers Bourbonnais pour une fête qui restera gravée dans la mémoire des Hérissonais. Qu’ils soient originaires de Bretagne, du Nord, de l’Est ou de Provence, tous ont rallié la terre des Bourbons pour voler sous le patronage de l’A.N.F.A et la bénédiction de Saint-Baldéric.
Monseigneur Laurent Percerou, évêque de Moulins, après avoir bénit la statut de Saint-Baldéric, enmena en procession tous les fauconniers avec les bannières de leurs équipages respectifs à travers les rues de la cité médiévale, montrant ainsi l’unité et la force de la fauconnerie française traditionnelle.

Citation
“ Avance souplement au rythme de la nature, en accord avec elle, car ses rythmes sont parfaits. Il y a une place pour chaque chose et chaque chose y a sa place. ”
Cicéron