Les chiens et les furets

Chiens

À la création de l’équipage seul Jean Louis possédait un chien, croisé Dratharr/Korthal, Uhlan, qui suivit son maître en Vendée.
Fedre de Lorval, fraîchement arrivée de Moselle, était un teckel à poil dur utilisé uniquement à la recherche au sang. Le peu de demandes pour cette activité a précipité cette chienne dans sa reconversion : la chasse du lapin, ce qu’elle fit avec un plaisir non dissimulé.
Ce fut le début d’une longue liste de teckels au service de nos oiseaux.
Le nombre d’épreuves de travail dans cette race nous permet, en choisissant les géniteurs, d’obtenir les qualités nécessaires à la chasse : finesse de nez, persévérance, broussaillage, obéissance (si ! cela est tout à fait possible) et aptitude à crier sur la voie.
Ses autres qualités et minauderies lui permettent d’être accepté par toute la famille et ainsi de vivre dans la maison, rendant de ce fait les chiens plus intelligents.
L’époque où la densité de lapins permettait à n’importe quel corniaud de lancer un animal simplement parce que le hasard l’avait fait lui marcher dessus étant révolue, ces aptitudes sont indispensables aujourd’hui.
Bien qu’étant classé dans un groupe distinct, le teckel, au lapin, chasse comme un chien courant.
Il travaille d’abord des voies froides et agit comme un rapprocheur. Avec l’expérience il enveloppe les ronciers et n’y pénètre que s’il a connaissance, rendant ainsi inutile la chassoire.

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C’est à partir du lancer que le nombre de teckels est intéressant. D’abord pour la musique qui émeut tout véritable chasseur, ensuite pour le travail des chiens quand l’épaisseur de la végétation permet au lapin de ruser pour tenter d’échapper aux teckels. C’est une petite chasse à courre qui sera écourtée par l’attaque de l’un de nos oiseaux si l’animal ne s’est pas terré.
Nous gardons en mémoire ce laisser courre en Vendée où, dans une combe faisant office d’arènes, grâce au renfort des teckels vendéens, huit chiens malmenèrent un lapin usant de toutes ses ruses pendant trois quarts d’heure avant de finir empiété.
Le nombre additionne les qualités (dans la limite du gérable, le maximum pour nous ayant été de six), quant aux défauts même le chien clabaud ne perturbe pas trop, car vite démasqué, personne ne ralliera à ses récris. Par contre le chien muet et de ce fait voleur de voie est à proscrire.

(Liste des teckels : Fedre, Hera, Iole, Moïenne, Muscadet, Oranne, Nafnaf, Nougatine, Réglisse, Riquiqui, Beaune, Booba, Havane, Hera).

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Recevant des invitations à voler la plume, l’arrivée d’un chien d’arrêt ne tarda pas.
Jupette, épagneul breton orange et blanc, s’intégra rapidement dans l’équipage.
Le chien d’arrêt contrairement aux teckels ne travaille que sur des émanations chaudes, d’où l’importance du sens du vent.
Jupette avait compris que les ronces piquaient et que les teckels s’en moquaient. Aussi a-t-elle toujours refusé l’épine et appelait les teckels. Pour ce faire, au bout d’un arrêt de cinq minutes, si personne n’arrivait, elle criait d’une manière tout à fait particulière qui faisait rallier tout le monde, y compris Bilibili, forme de Harris si elle se trouvait à être sur l’aile.
Cela fonctionnait si bien que personne ne s’occupait d’elle, reprenant conscience de sa présence uniquement si l’on entendait ses cris particuliers indiquant l’arrêt.
Fébus (noir et blanc) est venue remplacer Jupette avec le renfort de Fry (orange et blanc).

Furets

Nombre de furets ont servi dans l’équipage : des blancs, des putoisés, des petits, des gros, des très gros, tous se valent . Le plus gros des furets se faufilera toujours là où passe un lapin.
Même les furets ayant séjourné leurs premières années dans les couettes et le Chanel n°5 gardent leur instinct de chasseur. Dans le même ordre d’idée nous les faisons chasser repus, ce qui n’altère en rien leur pugnacité mais leur évite peut-être de trop coller en cas de prise.
Esthétiquement nous préférons les putoisés mais quand la nuit s’est installée et qu’enfin le furet sort par un trou masqué au milieu de la végétation, le blanc montre tout son intérêt.
La cohabitation avec les chiens se fait rapidement avec la pratique régulière du furetage.
Nous avons pu observer plusieurs fois un teckel obstruant une gueule de terrier, s’apercevant de l’arrivée d’un furet dans son dos, se mettre de côté pour laisser l’accès au mustélidé.
Ordinairement la priorité est faite aux chiens et ce n’est qu’en l’absence de lapins dehors que les furets entrent en scène.
Le seul défaut à éviter absolument chez cet animal est la nyctophobie, comme chacun sait.

Citation
“ Hagard: oiseau de chasse capturé dans la nature en livrée d'adulte, c'est à dire ayant mué au moins une fois. ”
Lexique de la chasse au vol